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«J'ai tué trop de femmes pour me rappeler»

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Publié le 08/11/2003 à 1h47

Washington de notre correspondant

«J'ai tué 48 femmes. Dans la plupart des cas, quand je les ai tuées, je ne connaissais pas leur nom. Généralement, je les ai tuées la première fois que je les ai rencontrées, et je n'ai pas un souvenir précis de leur visage. J'ai tué tellement de femmes, j'ai du mal à me souvenir d'elles...» C'est le procureur, Jeffrey Baird qui lit la déposition de l'accusé, mercredi à Seattle, devant une salle d'audience remplie par les familles des victimes. Il s'interrompt pour se tourner vers l'accusé : «Est-ce vrai ?» Engoncé dans une tenue framboise de prisonnier, gonflée par un gilet pare-balles, l'accusé confirme.

«D'une grappe à l'autre». Baird poursuit sa lecture : «J'ai placé les corps en groupes, que j'appelais des "grappes". J'ai fait cela parce que je voulais garder des traces de toutes les femmes que j'ai tuées. J'aimais conduire d'une grappe à l'autre, dans le comté, pour penser aux femmes que j'avais déposées là.» La salle d'audience, remplie par les familles des victimes, écoute stoïquement. «J'ai choisi comme victimes des prostituées parce que je hais la plupart des prostituées et que je ne voulais pas les payer pour du sexe.»

Petit, des grosses lunettes, une fine moustache et une raie sur le côté, Gary Leon Ridgway, 54 ans, est on ne peut plus quelconque. Il pulvérise pourtant le record des meurtres. A côté de lui, Henri-Désiré Landru et Jack l'Eventreur sont d'aimables amateurs.

Interrogé mercredi sur les dizaines de meurtres commis au débu

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