Il s'appelle Lionel Mabille, a 36 ans, enseigne les maths dans un collège de Cergy-Pontoise, et a une solution au casse-tête du système de vote européen. Fin 2000, ce crack du calcul de probabilités s'est mis à gamberger, intrigué par le psychodrame du sommet de Nice où les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze se sont déchirés cinq nuits durant sur la répartition des droits de vote dans l'Union européenne à 27. Quelques millions de calculs plus tard, Mabille a mis au point un système informatique expert permettant de définir la «juste pondération des voix», en vertu d'un postulat de base : le principe démocratique de l'égalité des bulletins de vote.
Racine carrée. «Pour que le pouvoir de décision de tout citoyen européen soit égal d'un pays à l'autre, il faut que la probabilité que son vote fasse basculer une décision du Conseil dans un sens ou dans l'autre soit la même, quelle que soit sa nationalité», explique l'agrégé. La formule mathématique : le nombre de cas où la voix du pays s'avère décisive doit être proportionnel à la racine carrée de la population du pays. Exemple : l'Allemagne étant 209 fois plus peuplée que Malte, son vote doit s'avérer décisif 14 fois plus souvent au Conseil des ministres. Avec ce modèle, Lionel Mabille parvient à un intéressant «pesage des bulletins de vote» qui éclaire le bras de fer institutionnel en cours. Il confirme que l'Allemagne «est la grande cocue du traité de Nice», au profit de Madrid et Varsovie : avec Nice, un Espagnol vaut




