Washington de notre correspondant
Rien n'irrite plus le gouvernement Sharon que les encouragements des Américains aux auteurs du «plan de Genève», cet accord de paix «privé» entériné le 1er décembre par des personnalités israéliennes, palestiniennes, et américaines. Après avoir félicité, par écrit, les deux principaux architectes du plan, les anciens ministres israélien, Yossi Beilin, et palestinien, Yasser Rabbo, Colin Powell, le secrétaire d'Etat américain, les a reçus vendredi matin. Ce geste a agacé Ariel Sharon et ses partisans, qui considèrent ce plan comme une capitulation de colombes israéliennes face aux Palestiniens (1).
Il y a quelques jours, le gouvernement israélien affirmait que Colin Powell ne représentait pas la position de la Maison Blanche sur la question : «Tout le monde sait que le département d'Etat dirigé par Colin Powell n'est pas exactement un havre de sympathie pour Israël», commentait le vice-Premier ministre, Ehud Olmert. Mais jeudi, tout en restant très prudent, George W. Bush a, lui aussi, donné un petit coup de chapeau à l'initiative de Genève : elle «peut être utile», a-t-il déclaré en recevant le roi Abdallah de Jordanie. Bush a toutefois précisé que l'initiative devait respecter certains «principes» («combattre le terrorisme, assurer la sécurité...»), façon de rappeler que le préalable reste la lutte contre les terroristes palestiniens.
La visite du tandem Beilin-Rabbo confirme le virage américain sur le dossier israélo-palestinien. Les difficul




