à Harare
Le drame que vit depuis des mois le Zimbabwe va désormais se jouer un peu plus à huis clos. Les autorités d'Harare ont annoncé dimanche leur retrait du Commonwealth, suite à la décision prise par l'organisation de prolonger indéfiniment la «suspension» du Zimbabwe lors d'un sommet à Abuja (Nigeria). La mesure est en vigueur depuis la réélection contestée du président Mugabe pour six ans, en mars 2002. A la même date, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient pris des sanctions contre Mugabe et ses proches. Ce qui n'a pas empêché Paris, en février, de recevoir le président zimbabwéen lors du 22e sommet franco-africain, pour éviter le boycottage de la réunion par un certain nombre de pays.
Chaos. Ces dernières années, le régime de Mugabe s'est lancé dans une violente politique d'expropriations des fermiers blancs, qui a semé le chaos dans le secteur agricole, jadis florissant, suscitant la réprobation des Occidentaux. Parallèlement, le régime a durci sa répression envers l'opposition et la presse indépendante, quasiment réduites au silence.
A Harare, le quotidien progouvernemental The Herald s'est contenté, hier, de relayer le point de vue des autorités : le maintien de la suspension du Zimbabwe répond à des motivations purement «racistes». Déprimée, une pharmacienne confiait : «C'est une très mauvaise nouvelle. Une de plus. Les pays du Commonwealth vont suspendre leur commerce avec nous, et cela va être de plus en plus dur d'avoir des visas pour émigrer.» Approuvant




