Trois jours après l'échec du sommet de Bruxelles, qui devait adopter la Constitution de l'Europe élargie, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, donne ses raisons d'espérer un accord, avant la fin 2004, refondant l'Union à 25 sur un «socle commun très fort».
Le fiasco de Bruxelles illustre-t-il la panne de l'UE et l'impuissance du moteur franco-allemand ?
C'est évidemment un échec pour toute l'Europe. Certains pays n'avaient guère de marge de flexibilité, mais il n'y a pas eu, à vrai dire, de véritable négociation. La France et l'Allemagne, quant à elles, n'ont été à aucun moment isolées. L'essentiel de nos positions a été compris et soutenu par des pays aussi différents que le Benelux, la Grèce, la Finlande, la Hongrie ou le Royaume-Uni. Et je rappelle que le couple franco-allemand, avec son allié britannique, a accompli vendredi un pas considérable en matière de défense européenne.
L'élargissement n'a-t-il pas été mal préparé ?
Avec l'élargissement, l'Europe est confrontée à des défis nouveaux. Ni le traité d'Amsterdam, ni celui de Nice n'ont posé les bases d'une vraie refondation de l'Union à 25. Le projet de Constitution est, lui, à la mesure de notre ambition pour l'Europe. Le choix face auquel nous étions samedi était : se contenter d'améliorer Nice à la marge ou se doter d'institutions capables de donner un nouveau souffle à l'Europe. De toute évidence, les clivages étaient tels qu'un accord eût été impossible sans rentrer dans une logique de détricot




