Kerbala envoyé spécial
Regards fermés, visages cagoulés, les hommes du contingent bulgare patrouillent nerveusement le centre de Kerbala, leurs armes braquées sur des passants stupéfaits. La confiance, que la division multinationale commandée par les Polonais se targuait d'avoir établie avec la population chiite, semble bien être la première victime du triple attentat à la voiture piégée qui a frappé, samedi, les principaux centres de l'administration provisoire et les bases militaires de la coalition dans la ville sainte, et fait 19 morts en tout. A l'évidence traumatisées par la perte de quatre des leurs lors de l'attaque de leur cantonnement, les sentinelles bulgares lâchent sans état d'âme une rafale d'avertissement en direction des gamins du quartier qui flirtent de trop près avec leur périmètre de sécurité.
Peu avenants. Les Polonais, à l'entrée de leur quartier général également pris pour cible par une voiture bourrée d'explosifs, ne sont guère plus accueillants. Impossible de s'approcher du camp sans s'attirer un sec rappel à l'ordre de factionnaires peu avenants. Les Thaïlandais, qui ont perdu deux soldats dans cette attaque, restent invisibles.
Devant le gouvernorat, dernier objectif des terroristes, les Américains ne quittent plus leurs blindés, embossés derrière de hauts remblais de terre, les mains rivées à leurs mitrailleuses, veillant à l'application stricte des consignes de bouclage. Personne ne passe hors les agents de sécurité, en civil ou en uniforme, dûment




