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Corée du Nord, une dictature sous perfusion internationale

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Alors que MSF dénonce le détournement de l'aide alimentaire par le régime, l'ONU appelle à donner plus pour nourrir 6,5 millions de Nord-Coréens.

Publié le 30/12/2003 à 2h30

Genève de notre correspondant,

Polémique dans le monde humanitaire : l'aide massive distribuée à la Corée du Nord parvient-elle à destination des plus vulnérables ? Sans être nouveau, le débat est relancé au moment où le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) et les autres agences onusiennes viennent de demander, pour 2004, plus de 200 millions d'euros à la communauté internationale pour nourrir 6,5 millions de Nord-Coréens. C'est donc un véritable cri d'alarme qu'a lancé le PAM qui, depuis des années, a monté l'une des opérations d'assistance les plus importantes du monde : en théorie, plus du quart des 23 millions de Nord-Coréens sont dépendants de l'aide internationale. Médecins sans frontières (MSF), qui s'est retiré de Corée du Nord en 1998 après trois ans de présence, affirme que cette aide n'arrive pas à destination, interceptée par la nomenklatura du dernier régime stalinien de la planète : «L'aide est détournée, les groupes vulnérables sont laissés dans la pénurie et le besoin et n'ont jamais vu la couleur de cette assistance internationale», explique Sophie Delaunay, de MSF.

Dégradation. MSF s'insurge contre une opération politique qui vise davantage à stabiliser le régime dictatorial de Pyongyang qu'à satisfaire les réels besoins de la population. Sophie Delaunay affirme à Libération : «Nous savons que la situation alimentaire est grave et qu'elle tend même à se dégrader. Mais nous savons aussi que les 25 % de la population, classée comme hostile au p

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