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Libération

Chèque en blanc pour Sarkozy à la mosquée d'Al Azhar

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Publié le 31/12/2003 à 2h30

Le Caire de notre correspondante

Al Azhar fait bien les choses. Nicolas Sarkozy n'a pas boudé sa joie, hier au Caire, au sortir d'une rencontre avec Mohamed Sayed Tantawi, cheikh de la prestigieuse mosquée Al Azhar. Principale autorité de l'islam sunnite, l'imam a donné sa caution au ministre de l'Intérieur en lui expliquant que «le voile est une obligation divine», mais si la femme musulmane «vit dans un pays non musulman, comme la France, dont les responsables veulent adopter des lois opposées au voile, c'est leur droit et je ne peux pas m'y opposer». Versets à l'appui, le cheikh a absous les écolières françaises contraintes d'ôter leur foulard dans les établissements publics. «Celui qui se trouve obligé n'est pas un pécheur, Dieu lui pardonne», a conclu Mohamed Tantawi.

Annoncé comme une simple visite de courtoisie par les responsables français qui s'agaçaient de l'intérêt porté à cette rencontre «décidée bien avant l'affaire du voile», l'entretien a donc tourné à la bénédiction. Un adoubement dont Sarkozy va pouvoir se prévaloir dans le débat sur la laïcité, ainsi que pour courtiser les voix des musulmans de France dans l'optique d'une course à l'Elysée. Pour le ministre, qui a prononcé un vibrant plaidoyer pour la laïcité française, garante du respect des religions, la déclaration de cheikh Tantawi est «une confirmation de la position française» et «une prise de position de nature à apaiser les tensions». «L'obligation religieuse de porter le voile n'existe pas dans les p

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