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Libération
Reportage

Au Brésil, «la fête est terminée».

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Un an après son arrivée à la présidence, Lula reste populaire malgré la cure d'austérité.

Publié le 03/01/2004 à 21h38

São Bernardo do Campo envoyée spéciale

Située dans la ceinture industrielle de São Paulo, São Bernardo do Campo n'est pas peu fière d'être la «ville du Président». C'est ici que Lula a commencé sa carrière politique, dans les années 70, sous la dictature militaire (1964-1985). Alors président du syndicat régional, il défia le régime en menant des grèves monstres avant de fonder, en 1980, le Parti des travailleurs (PT), la plus grande formation de gauche d'Amérique latine.

«Porté par la foule». Au stade du Premier-Mai, où il rassemblait parfois plus de 100 000 ouvriers, Djalma Bom, l'un des fondateurs du PT et ex-syndicaliste, se souvient : «Ici, Lula a mis en échec la dictature et rénové le syndicalisme. Il mettait cinquante minutes à parcourir la centaine de mètres qui sépare le portail des gradins. Quand il n'était pas porté par la foule.» Et d'ajouter dans un sourire : «A l'époque, il était moins élégant.» Les usines Villares, où Lula fut tourneur mécanique, elles, ont fait place à un magasin Carrefour flanqué d'un McDo...

Avant son élection, le Président habitait ici, dans un quartier de classe moyenne. Il y revient parfois en week-end. Peu après sa victoire, la foule faisait le pied de grue devant chez lui, pour l'embrasser, lui demander un autographe. Mais, en ce jour où il doit rejoindre la ville, il n'y a personne devant l'immeuble. «La fête est terminée», dit l'un des gardiens.

Le président, au pouvoir depuis le 1er janvier 2003, reste toutefois très populaire. Dona Mar

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