Menu
Libération

Fin de règne de deux nababs argentins

Réservé aux abonnés

La gouverneure péroniste Juarez et son mari sont accusés de corruption et de meurtres.

Publié le 06/01/2004 à 21h42

Santiago del Estero envoyé spécial

Après dix mois d'enquête, le courage d'une juge, l'acharnement d'un avocat et la pression de l'évêché local vont peut-être mettre fin au règne féodal de la famille Juarez, qui tire les ficelles de la province de Santiago del Estero depuis un demi-siècle. Le patriarche Carlos Juarez, 85 ans, gouverneur à cinq reprises (depuis 1948), sa femme, Mercedes Aragones de Juarez, actuelle gouverneure, sont dans le collimateur de la justice fédérale argentine. Un de leurs plus proches collaborateurs, Muza Azar, chef de la police secrète locale, a été inculpé pour avoir commandité le meurtre de deux jeunes femmes dont les corps avaient été retrouvés en février 2002. Muza Azar est aussi accusé d'être responsable de la disparition d'une centaine d'opposants avant et pendant la dictature (1976-1983). Il a rejoint, en prison, une bonne partie de l'appareil péroniste provincial, dont un député, un juge et une quinzaine de policiers accusés d'avoir voulu étouffer un double meurtre impliquant des proches du pouvoir local. L'impunité, le clientélisme, la corruption sont très présents dans les provinces pétrifiées du nord du pays. Loin de Buenos Aires, les caciques du péronisme le plus autoritaire font toujours la loi. Le combat du nouveau président Nestor Kirchner contre la corruption risque d'être long.

«Insécurité». L'évêché de Santiago del Estero recense 164 crimes et disparitions non résolus depuis trente ans, dont le décès douteux en 1998, dans un accident

Dans la même rubrique