Menu
Libération

Frères musulmans: deux clans sur les rangs

Réservé aux abonnés

Le leader de la confrérie a été enterré vendredi au Caire.

Publié le 12/01/2004 à 21h54

Le Caire de notre correspondante

Un cercueil drapé de vert, 20 000 hommes pour l'accompagner, et des policiers par milliers, cadenassant un cortège mortuaire hérissé de drapeaux aux couleurs de l'islam. Les funérailles de Maamoun el-Hodeiby, sixième guide suprême des Frères musulmans, ont eu lieu vendredi, près du Caire. Décédé à 83 ans, le leader de la confrérie n'a régné qu'un an à la tête du plus ancien et plus important mouvement islamiste au monde.

A la mort du précédent guide, Moustapha Machhour, les spécialistes avaient souligné une succession de facilité : déjà âgé, Maamoun el-Hodeiby s'inscrivait dans la tradition idéologique de ses prédécesseurs. Une transition donc, pas une révolution.

Forte de 50 000 membres environ, la confrérie est pourtant troublée par des divisions profondes, très perceptibles depuis l'arrivée au Parlement, lors des législatives de 2000, de seize des leurs, élus sous étiquette indépendante. Soixante-seize ans après sa fondation par Hassan el-Banna, le mouvement est en effet devenu la première force d'opposition en Egypte. Interdite depuis l'époque nassérienne, puis encouragée par Sadate pour contrer l'opposition de gauche, la confrérie est aujourd'hui tolérée. Rythmés par des vagues d'arrestations et de libérations de ses membres, ses rapports avec l'Etat sont moins conflictuels qu'il n'y paraît. «Depuis vingt-cinq ans, jamais les Frères musulmans n'ont été écartés de la scène politique, explique Amr Choubaki, politologue au centre d'études Al-A

Dans la même rubrique