Durant deux mois au moins, les Péruviens vont vivre au rythme d'un procès dont l'opacité est digne des meilleurs romans d'espionnage. Vladimiro Montesinos, ex-chef des renseignements péruviens et âme damnée du président Alberto Fujimori (aujourd'hui exilé au Japon), comparaît depuis mardi devant la cour spéciale anticorruption pour trafic d'armes : la livraison de 10 000 fusils kalachnikov AKM-47, acquis à la Jordanie en 1999 via l'armée péruvienne, à la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) que Bogota, en dépit de l'aide américaine, n'arrive pas à réduire.
Révélations. Ce n'est que l'une des nombreuses accusations qui pèsent contre un homme dont les manoeuvres avaient fini, il y a trois ans, par faire chuter Fujimori : Montesinos purge déjà une peine de neuf ans à la prison de haute sécurité de la base navale du Callao, le port de Lima, et est poursuivi pour de multiples faits (trafic de drogue, blanchiment d'argent, enrichissement illicite, assassinats et tortures,...). Mais ce procès, à haute valeur politique pour le régime de l'actuel président Alejandro Toledo, promet d'être riche en accusations, sinon en révélations, sur les pratiques de l'ancien exécutif péruvien et ses fréquentations. Le tribunal a démarré fort, mardi, en annonçant qu'il allait solliciter le témoignage du directeur de la CIA, George Tenet, à la requête de l'avocate de l'ex-chef des renseignements péruviens, Me Estela Valdivia. S'il accepte de témoigner, le directeur de la CIA




