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Libération

Un candidat à l'image de girouette

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Dix-neuf ans de travail législatif et beaucoup d'incohérences dans le parcours du politicien.

Publié le 29/01/2004 à 22h22

Washington de notre correspondant

Vu de l'extérieur, Kerry ferait un président très convenable. Mais quelles sont ses convictions ? La question est soulevée tant par ses rivaux démocrates que par la presse, qui a entrepris de creuser son bilan de sénateur. Après dix-neuf ans de travail législatif, les incohérences ne manquent pas. La plus frappante concerne la guerre. Howard Dean a ainsi mis en doute la «capacité de jugement» de son rival, Kerry ayant commis la double erreur, selon lui, de voter contre la première guerre du Golfe, mais d'autoriser Bush fils à recourir à la guerre contre l'Irak.

Exception terroriste. Sur certains dossiers, Kerry donne l'impression d'aller là où va le vent. Ainsi, après avoir exigé la réduction du budget de la CIA suite à l'effondrement de l'empire soviétique, il s'est insurgé, après le 11 septembre 2001, contre la faiblesse des moyens des renseignements américains. Autre exemple, sa position sur la peine de mort. Il était contre par principe, mais a récemment exprimé une exception pour les terroristes.

Comme l'a remarqué le chroniqueur conservateur David Brooks, dans le New York Times, Kerry se prononce parfois de manière très hétérodoxe par rapport à sa famille politique (les démocrates du Nord-Est, les plus à gauche du parti) mais ses envolées ne débouchent généralement sur rien. En 1992, il a ainsi critiqué l'évolution du mouvement pour les droits des Noirs, qui, disait-il, était passé «sous le contrôle de juristes, avec des gagnants et des p

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