Collée au plafond de l'immense amphithéâtre qui tient lieu de nef, la sono ressemble à un vaisseau spatial. Elle est visiblement l'élément essentiel de la Bible Way Church, une église noire flambant neuve, respirant la prospérité financière, aux confins de Columbia en Caroline-du-Sud. Dans le micro, le pasteur Darrell Jackson, chante «I love you, Jesus ! Jesus !» Une marée de paroissiens, plus de 2 000 personnes tirées à quatre épingles, se balance en cadence. Des mains se tendent vers le ciel, d'autres claquent. Une femme tape des pieds en tournant sur elle-même. «Jesus !» Lorsque la musique se calme, le pasteur appelle ses ouailles à voter mardi. C'est «un privilège donné par le seigneur», dit-il, et d'indiquer son choix : John Edwards, «le seul qui parle avec constance de la pauvreté». Tête blanche isolée dans la foule, Edwards se lève, très professionnel, se tourne, ses deux pouces levés, sourire mécanique. Lors de la quête, il glisse une enveloppe. Le pasteur chante dans le micro : «We will...» et l'église poursuit en choeur : «...vote!»
Bourde. Les Noirs de Caroline-du-Sud n'ont jamais été tant courtisés par des candidats démocrates aux présidentielles que ces derniers jours. Ils représentent près de la moitié des démocrates de l'Etat, et leur vote peut changer le cours de la campagne. Le reste du temps, personne ne s'intéresse trop à leur sort. «Je vais vous dire un truc : il y a quatre ans, Al Gore n'a dépensé que 5 000 dollars dans cet Etat, pas un c




