Tokyo de notre correspondant
Quarante-huit heures après le départ pour le sud-est de l'Irak d'un premier contingent de 90 militaires japonais armés (un millier sont attendus d'ici mars), la polémique autour du bien-fondé de la participation du Japon à la coalition de pays engagés en Irak a repris. «L'impensable est devenu réalité», jugeaient, hier, dépités, les opposants à l'envoi des forces d'autodéfense en Irak.
La contestation de la politique irakienne du Premier ministre, Junichiro Koizumi, n'agite plus seulement les traditionnels partis d'opposition, neutralisés par leur échec aux dernières élections législatives. La colère grandit désormais au sein même du Parti libéral démocrate (PLD), majoritaire, accroché au pouvoir depuis 1955. Les barons et ténors du parti, de nombreux ex-ministres, ne cachent plus leur embarras, voire leur hostilité, face à la politique étrangère de leur gouvernement, jugée «aventureuse». Lors de l'adoption de la résolution autorisant l'envoi des Jietai («Forces d'autodéfense», le nom de l'armée japonaise) en Irak, quatre poids lourds du PLD (deux ex-ministres et deux ex-secrétaires généraux du parti) étaient absents de la séance parlementaire.
L'envoi de troupes japonaises armées en Irak est une décision «historique». C'est la première fois depuis 1945 que Tokyo dépêche à l'étranger, sans mandat onusien, des soldats armés sur un théâtre de guerre. A une large majorité, la population japonaise, très inquiète, ne suit pas. En novembre, avant même l'a




