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Libération

Washington arbitre du scrutin algérien

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Après les critiques américaines, Bouteflika promet une présidentielle «transparente».

Publié le 07/02/2004 à 22h50

Les Américains peuvent se targuer d'être entendus par Alger : dans une lettre adressée à George W. Bush, Abdelaziz Bouteflika s'est engagé mercredi à «user de toute (son) autorité pour assurer au prochain scrutin (présidentiel) toutes les garanties de transparence», y compris en «faisant appel à des observateurs internationaux». Cette déclaration survient moins d'une semaine après une visite à Alger de l'Américain Lorne Craner, qui a passablement inquiété les autorités algériennes persuadées jusqu'ici que le 11 septembre 2001 et le pétrole avaient solidement scellé leur «amitié» avec Washington.

Or le secrétaire d'Etat adjoint chargé des droits de l'homme ne s'est pas contenté de rencontrer pendant près de trois heures les responsables de la Ligue de défense des droits de l'homme au siège même de cette association, et de leur affirmer : «Nous allons vous aider concrètement et diplomatiquement.» Il a aussi plaidé en faveur d'élections «libres et honnêtes» et de la levée de l'état d'urgence, constatant que «les normes démocratiques en Algérie sont en deçà de ce qui est attendu». Un pas que l'Europe en général, et la France en particulier, n'ont jamais osé franchir. Et Lorne Craner de conclure, oubliant les louanges auxquelles Washington a habitué Alger depuis le 11 septembre : «La stabilité et la démocratie vont de pair.»

La célérité du président algérien à répondre aux critiques américaines ­ en se gardant de fournir la moindre précision sur le nombre d'observateurs envisagé ­

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