«Le Maroc «à l'épreuve du terrorisme : la tentation de l'arbitraire» : le titre du rapport, rendu public hier par la FIDH, résume bien la problématique d'un pays qui, en pleine transition démocratique, est pour la première fois confronté à des attentats terroristes. Le 16 mai 2003, cinq explosions kamikazes font 42 morts à Casablanca. Douze jours plus tard, le Parlement adopte à la quasi-unanimité une loi antiterroriste en souffrance depuis des mois. La machine policière et judiciaire s'emballe dans ce pays qui se croyait à l'abri et qui «entre dans la logique internationale de l'arbitraire face au terrorisme et d'une répression d'une grande ampleur qui continue huit mois après les attentats», estime Me Baudouin de la Fédération internationale des droits de l'homme.
Nébuleuse islamiste. «Parallèlement à l'arrestation des personnes directement impliquées dans les attaques, une campagne d'arrestations est déclenchée dans tout le royaume, visant des centaines de personnes présentées de manière indistincte comme appartenant à la Salafiya Jihadia, une nébuleuse islamiste prônant la violence», analyse la FIDH. «Si certaines personnes poursuivies revendiquent leurs responsabilités, d'autres contre lesquelles les charges sont minces, voire inexistantes, sont prises dans une vague répressive qui ne fait pas dans le détail».
Dans les centres d'interrogatoire, particulièrement dans celui de Temara près de Rabat, «sévices, violences et torture sont couramment pratiqués.» Détenu un mois et




