Menu
Libération

Le président lituanien sur un siège éjectable

Réservé aux abonnés

Rolandas Paksas face à une procédure de destitution pour corruption.

Publié le 21/02/2004 à 23h19

Vilnius correspondance

La Lituanie risque d'entrer le 1er mai dans l'Union européenne avec une scène politique en plein séisme, son président, Rolandas Paksas, étant, depuis jeudi, sous le coup d'une procédure de destitution. Paksas est mis en cause pour ses liens avec Juri Borisov, un homme d'affaires louche soupçonné d'appartenir à la mafia russe. Il l'avait averti que la justice s'intéressait à lui et qu'il avait été mis sur écoute. On l'accuse aussi d'avoir facilité l'acquisition par ses proches d'actions d'une société et d'avoir engagé un de ses conseillers à rassembler des données sur la vie privée de quarante-quatre personnes (lire encadré), dans un but non précisé. A l'unanimité, les douze membres de la commission spéciale chargée du dossier, six parlementaires et six juristes, ont, dans un rapport présenté jeudi au Parlement, jugé «sérieuses et fondées» les accusations contre le chef de l'Etat.

Menace. L'affaire débute fin octobre 2003. Le chef des services secrets, longtemps dans le collimateur du Président et sur le départ pour un poste d'ambassadeur en Espagne, présente un rapport secret à la tribune du Seimas, le Parlement lituanien. Le texte fait état de liens de la présidence avec le monde criminel russe, jugeant que cela représente une menace pour la sécurité nationale. C'est le point de départ d'un énorme scandale. Une commission d'enquête parlementaire est aussitôt formée. Encore rongée par une corruption latente héritée de l'URSS, la Lituanie se lance dans u

Dans la même rubrique