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Comment Reagan a piégé la technologie soviétique

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Révélations d'un ancien conseiller du président américain.

Publié le 28/02/2004 à 23h30

Washington, de notre correspondant.

Au début des années 80, grâce à des renseignements fournis par la France, Ronald Reagan a ordonné une invraisemblable opération de déstabilisation technologique de l'URSS, qui a notamment conduit à l'explosion d'un gazoduc à l'été 1982. C'est ce que révèle Thomas C. Reed, ancien conseiller de Reagan, dans un livre à paraître aux Etats-Unis, At the Abyss : An Insider's History of the Cold War (éd. Ballantine Books), dont le Washington Post a publié des extraits.

Ingénieur francophile. En juillet 1981, dans le château de Montebello, près d'Ottawa, François Mitterrand participe à son premier sommet du G7. «Lors de sa rencontre avec Ronald Reagan, il l'avait informé qu'on avait identifié un vaste réseau soviétique d'espionnage en Occident», raconte Jacques Attali, son plus proche conseiller. La France avait réussi à obtenir les services d'un ingénieur de 53 ans, le colonel francophile Vladimir Vetrov (surnommé «Farewell» par la DST), qui était au coeur du Directorate T, service d'espionnage économique du KGB mis en place dans les années 70.

En se plongeant dans les 4 000 documents fournis par Vetrov via la France, les Américains ont découvert, effarés, que les Soviétiques étaient infiltrés dans nombre de laboratoires occidentaux et avaient accès à des plans et des logiciels extrêmement sensibles. La suite était jusque-là moins connue. Grâce à la découverte de ces canaux, la CIA décide d'envoyer des fausses informations aux Soviétiques. Notamment

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