«Chaque heure compte.» Dominique de Villepin l'a rappelé vendredi à son homologue haïtien, Joseph Antonio, de passage à Paris : face à l'avancée imparable des rebelles armés du Front de résistance nationale, il faut trouver une solution rapide à la crise qui précipite le pays dans le chaos. Désormais, quand ils réclament une «solution politique», les diplomates, à Paris ou Washington, n'en ont qu'une en tête : la démission d'Aristide.
Avec l'apparition, le 5 février, d'un troisième acteur dans la crise haïtienne les rebelles et étant donné la tension sur le terrain, un accord est plus que jamais impensable entre le gouvernement d'Aristide et l'opposition démocratique, qui réclame son départ depuis des mois. La facilité avec laquelle les quelques centaines d'insurgés ont pris la majeure partie du territoire en dit long sur l'état de décomposition du régime autocratique de l'ex- «Prêtre des bidonvilles».
Plier bagages. La situation tourne «à l'urgence humanitaire», estime-t-on à Paris et Villepin a donc dit à Antonio de transmettre à Aristide le souhait de la France et des Etats-Unis de le voir plier bagages. «Le ministre a rappelé que c'était au président Aristide, qui porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle, de tirer les conséquences de l'impasse», a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay. A la sortie de l'entretien, le ministre haïtien s'est empressé d'annuler la rencontre prévue avec la presse. La veille au soir, Jean-Bertrand Aristide réaffirmait qu'




