Washington, de notre correspondant.
Les politologues qui annonçaient une longue et sanglante campagne, produisant un candidat blessé et un parti démocrate affaibli, se sont trompés. C'est sans une égratignure que John Kerry sort de la bataille des primaires. Après seulement six semaines de campagne, le sénateur du Massachusetts s'est débarrassé de ses concurrents et se retrouve, indemne, face à George W. Bush.
Répartition des rôles.
Physiquement, les deux hommes ne se ressemblent pas, mais leur moule est très semblable. Même génération : Kerry a 60 ans, Bush en a 58. Tous deux issus de la grande bourgeoisie de la côte est. Etudes jumelles : Yale et Boston College pour Kerry ; Yale et Harvard pour Bush. Ils cherchent chacun à faire oublier qu'ils ne viennent pas du peuple. Kerry accuse Bush de favoriser les riches par ses baisses d'impôts, Bush fait décrire Kerry comme un sénateur «complètement déconnecté des gens» : pour gagner le coeur des électeurs, John Kerry se place sur le terrain économique, George W. Bush sur le terrain culturel. Cette répartition des rôles devrait rester au coeur de la campagne jusqu'en novembre.
L'économie est la première préoccupation des Américains, lorsqu'il s'agit de voter. Or, George Bush a un bilan jusque-là difficile à défendre : sous son mandat, l'économie américaine a perdu plus de 2 millions d'emplois, et si la croissance est repartie, les embauches suivent peu. Dans ce contexte, Kerry se présente comme le héraut de la «gauche responsable»




