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Portrait

Guy Philippe, un fidèle disgracié

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Ex-militaire, le chef rebelle assure qu'il ne veut pas du pouvoir.

Publié le 04/03/2004 à 23h35

Il se désigne lui-même «commandant en chef» des rebelles, mais affirme n'avoir «aucune ambition politique». Il a fêté son 36e anniversaire, dimanche, le jour de la chute du président Aristide. Il a servi son régime mais jurait, il y a peu, vouloir le faire juger pour «crime de haute trahison». Guy Philippe et ses hommes ­ anciens militaires pour la plupart ­, qui sont entrés hier dans Port-au-Prince, tiennent une partie de l'avenir du pays entre leurs mains. Ce qui n'est guère rassurant.

Commissaire.

Car Guy Philippe est un ancien militaire, formé, après des études de médecine interrompues à Port-au-Prince, à l'académie de Quito, en Equateur. Après la dissolution de l'armée haïtienne en 1995, par Aristide ­ victime en 1991 d'un coup d'Etat qui l'avait poussé à un exil américain de trois ans ­, Guy Philippe entre dans la police et devient commissaire.

Les promotions ont toujours été rapides pour les fidèles du Président. Guy Philippe est d'abord nommé au commissariat de Delmas, dans la banlieue de Port-au-Prince, un lieu de sinistre réputation où ont longtemps sévi des «attachés» ­ des civils pro-Aristide qui formaient presque une milice ­ accusés de tortures par les associations de défense des droits de l'homme. Il est ensuite envoyé comme directeur de la police dans le département du Nord, à Cap-Haïtien, la ville qu'il a prise le 22 février avec 200 de ses hommes.

En 2000, c'est la disgrâce. Il est accusé par le pouvoir d'avoir fomenté un coup d'Etat avec une dizaine d'autres o

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