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Libération

Foudres antisémites sur une radio en Hongrie

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Un animateur de Radio Tilos fustige à l'antenne la religion chrétienne. L'extrême droite s'empare de l'affaire et crie au «complot juif».

Publié le 11/03/2004 à 23h40

Budapest correspondance

Qui aurait pensé que Radio Tilos, première radio indépendante née après la chute du communisme et symbole de la démocratie, serait aujourd'hui en danger ? Pourtant Tilos («interdit», en hongrois), ancien média pirate qui émet sur une partie de Budapest, est dans l'oeil du cyclone. La droite et l'extrême droite l'accusent d'être au coeur d'un «complot juif» contre la chrétienté.

Tout commence quelques semaines avant Noël, lorsque les militants de Jobbik, une nébuleuse d'extrême droite qui s'est muée en parti en 2003, placent des croix dans la rue pour protester contre le chandelier à sept branches que la communauté juive de Budapest installe en plein air à l'époque de la Hanoukka (fête des Lumières). Mais les croix choquent les Budapestois. La très conservatrice Eglise catholique observe qu'elles évoquent plutôt la pâque chrétienne que la naissance de Jésus.

Morale

. Sur l'antenne de Tilos, on critique l'action de la droite radicale. La radio associative, ouverte à toutes les minorités (homosexuels, tsiganes...), a gardé le ton provocateur de ses débuts en 1991. Animée par des bénévoles ­ artistes, journalistes, ou simples citoyens qui dialoguent avec le public par téléphone ou SMS ­, la station, très prisée chez les jeunes, privilégie la liberté de parole.

Une émission du 24 décembre met le feu aux poudres. Un animateur ivre fustige la religion chrétienne et sa morale contraire à l'épanouissement. «J'exterminerais volontiers tous les chrétiens», s'emporte-

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