Buenos Aires de notre correspondant
Les jours de l'Ecole supérieure de mécanique de la Marine (Esma), symbole du terrorisme d'Etat en Argentine, sont comptés. Ce centre de détention clandestin, parmi les plus répugnants de la dictature, sera délogé et les locaux accueilleront le musée de la Mémoire. Malgré les réticences des militaires, le président Argentin Nestor Kirchner n'a pas cédé et a confirmé aux organisations des droits de l'homme que ces bâtiments seront dédiés aux 30 000 «disparus» de la période la plus sombre de l'histoire du pays, entre 1976 et 1983. Les différentes écoles de la Marine qui fonctionnaient encore dans cette enclave militaire de 17 hectares, dans les beaux quartiers de la capitale, seront transférées. Le président argentin a décroché lui-même d'une des salles du collège militaire les portraits de Jorge Videla, ex-commandant en chef de la Marine argentine et instigateur du coup d'Etat du 24 mars 1976, et du général Reynaldo Bignone, dernier «président» de la dictature, actuellement en résidence surveillée, accusé d'«enlèvements d'enfants».
Centre névralgique. Selon les organisations des droits de l'homme, près de 5 000 opposants à la junte militaire ont «disparu» dans l'enceinte de l'Esma, l'un des 340 centres de détention clandestins de la dictature. Mais pas n'importe lequel. Car, au-delà de ses geôles, de ses chambres de torture, de ses pouponnières où s'entassaient les bébés enlevés dès leur naissance aux détenues, l'Esma a toujours fonctionné com




