Oublier Trafalgar et Chesapeake Bay (1) ! Les deux pays qui se sont le plus affrontés sur mer au cours de leur histoire pourraient décider de construire ensemble leurs trois futurs porte-avions. Un projet hautement symbolique, défendu aussi bien par Tony Blair que par Jacques Chirac. Les deux pays ont au même moment les mêmes ambitions. «Nos besoins opérationnels convergent», reconnaît le capitaine de vaisseau Jean-Nicolas Gauthier, chargé des relations avec la Grande-Bretagne à l'état-major de la Marine à Paris. La France, qui possède déjà le Charles-de-Gaulle, a en effet décidé de construire un deuxième porte-avions à l'horizon 2014, alors que le Royaume-Uni a choisi d'en acquérir deux de grande capacité (environ 60 000 tonnes) pour remplacer, en 2013 et 2015, ses trois petits porte-aéronefs actuels. D'où l'idée de voir s'il ne serait pas possible de faire quelque chose ensemble. Nous en sommes là et rien ne sera décidé avant au moins un an.
Mais le principal obstacle qui aurait pu empêcher une coopération transmanche a été levé le 13 février par l'Elysée. Après plus d'un an de tergiversations, Paris a décidé que la propulsion du futur bâtiment ne serait pas nucléaire. Blair a aussitôt appelé Chirac pour le remercier de cette décision apparemment très technique. Apparemment, seulement. Car les Britanniques avaient, dès le départ, exclu l'hypothèse de doter leurs futurs Queen Elizabeth et Prince of Wales de réacteurs atomiques. Or un mode de propulsion a des conséquences dét




