Menu
Libération

Indonésie: la nostalgie de l'ère Suharto

Réservé aux abonnés

Le parti de l'ancien dictateur, le Golkar, devrait emporter les élections générales d'hier.

Publié le 06/04/2004 à 0h08

Djakarta, envoyé spécial.

Veste jaune et toque sur la tête, Beitler, un fonctionnaire de 56 ans, regarde les danseuses se déhancher sur la scène au rythme du dangdut, une musique populaire indonésienne. Pour ce dernier meeting électoral du Golkar avant les élections générales qui se sont déroulées hier, la foule est dense sur le terrain de foot de Blok S, un quartier sud de Djakarta. Peut-être 50 000 personnes, pour la grande majorité vêtues de jaune, couleur du Golkar, le parti au pouvoir pendant la plus grande partie du régime du président Suharto (1967-1998). On ne peut pas vraiment parler de ferveur : beaucoup sont plus là pour voir les vedettes de la chanson que pour écouter les déclamations d'Akbar Tanjung, le président du parti. Ou parce qu'ils ont touché les 50 000 rupiahs (5 euros), versées par le Golkar comme par la plupart des partis pour gonfler la participation. Mais il y a aussi les convaincus, comme Beitler, venu en famille manifester son soutien au parti qui, selon lui, a été injustement vilipendé pendant les six années écoulées depuis la chute de Suharto. «Le Golkar d'aujourd'hui est complètement différent. Ils ont beaucoup d'idées pour le succès de l'Indonésie. Je soutiens le parti depuis sa création, en 1973», dit-il. Sur la scène, Akbar Tanjung, arrivé dans un hélicoptère jaune, entonne son discours. «Notre économie était plus forte il y a dix ans. Il est évident que nous pouvons faire un meilleur travail», lance-t-il à la foule des militants qui lèvent le

Dans la même rubrique