«Où est la reine ?», crient des écoliers de Suresnes tenus à distance derrière des barrières métalliques. Ils croient la reconnaître sous la capeline blanc cassé qui émerge d'une voiture officielle. Mais ce n'est que Bernadette Chirac, habillée comme pour un jour de courses à Ascot. Elisabeth II, arrivée en train, surgit à l'heure dite de sa Bentley royale spécialement apportée de Londres.
Gaffe diplomatique ? La souveraine est quasiment vêtue comme l'épouse du chef de l'Etat, d'un long manteau couleur crème, le sourire imperturbable en plus. Prudente, son chapeau en cloche, contrairement à celui de son hôtesse, prête moins à la bourrasque qui commence et ne risque pas de s'envoler pendant qu'elle passe en revue des soldats des trois corps alignés le long des Champs-Elysées.
Contacts. Pour remonter jusqu'à l'arc de Triomphe, Jacques Chirac a mis à sa disposition la même Citroën Maserati qu'elle avait empruntée douze ans plus tôt, lors d'une précédente visite d'Etat. La seule nouveauté est son insistance à multiplier les contacts avec le public. En ce centième anniversaire de l'Entente cordiale, l'heure est au rapprochement entre les deux peuples.
C'est donc à pied qu'Elisabeth, 77 ans, parcourt les 400 mètres qui séparent l'Elysée de sa résidence. Une marche menée d'un bon pas sous des applaudissements polis. Accompagnée d'un Chirac très protecteur, elle reste sur sa réserve et laisse à son mari le soin de prendre langue avec la population. Un Anglais explique qu'il vit depuis




