Le Caire de notre correspondante
L'air est piquant, âcre de chaume remué. Des palmes piétinées jonchent les pavés des ruelles de Masr el-Qadima, le quartier copte du Caire où les églises disputent aux couvents les multiples vestiges du passage en Egypte de la Sainte Famille. En ce dimanche des Rameaux, nombreux sont ceux venus en famille célébrer le début de la semaine sainte. D'ordinaire discrets avec leurs croix tatouées au creux du poignet, les coptes en leur terrain portent haut leur foi. D'or ou de bois, des crucifix pendent à chaque cou. Les mains tiennent des croix de palme tressée. Au stand de souvenirs de la millénaire église de la Moallaqah, on s'arrache des autocollants pailletés de Jésus en croix. Et on parle. Sur toutes les lèvres, la même interrogation angoissée : «Y en a-t-il eu d'autres ?»
«Morts de peur». Depuis plusieurs mois, la panique s'est emparée des chrétiens d'Egypte : des jeunes filles auraient été enlevées dans des supermarchés de banlieue. Selon les associations coptes, elles auraient été attirées à l'étage du magasin pour se faire remettre un cadeau. Pour cela, on leur aurait fait signer un reçu : en fait, un acte de conversion à l'islam. Les jeunes filles auraient ensuite été tenues enfermées jusqu'à leur conversion définitive. La rumeur autour de ces conversions forcées a enflé dans toute la communauté, relayée par les sites Internet coptes et jusqu'aux sermons des évêques, enjoignant les chrétiens d'Egypte à la plus grande prudence. Le mois dern




