Johannesburg, de notre correspondante.
Dans le quartier branché de Melville, en banlieue nord de Johannesburg, les gens font la queue devant le bureau de vote. Une femme blanche à l'allure mondaine attend derrière une employée de maison noire en tablier et fichu sur la tête. Un peu plus loin, une métisse tue le temps en envoyant des textos de son portable. Plusieurs mondes se retrouvent sur un pied d'égalité, le temps d'un vote.
Cette scène s'est répétée dans tout le pays, hier, pour la troisième fois depuis la consécration de Nelson Mandela à la tête du pays, il y a tout juste dix ans. L'ancien président a voté tôt le matin à Johannesburg. «Je suis enthousiaste d'exercer mon droit de citoyen», a-t-il déclaré, appelant quelque 21 millions d'électeurs enregistrés à suivre son exemple. Son successeur, Thabo Mbeki, assuré de sa réélection, a déclaré tout sourire, au moment de déposer son bulletin dans l'urne, que «le grand jour [était] arrivé» . «On dit souvent que la première élection après l'avènement de la démocratie est la dernière, que beaucoup de pays sombrent dans la dictature. Nous sommes la preuve du contraire», a, pour sa part, déclaré l'ancien archevêque du Cap et prix Nobel de la paix, Mgr Desmond Tutu.
Les électeurs devaient renouveler les 400 sièges de l'Assemblée nationale, ainsi que neuf assemblées provinciales, qui désigneront à leur tour les 90 membres du Conseil national des provinces, la Chambre haute du Parlement. Quelques incidents mineurs ont émaillé cette j




