Près de Fallouja, envoyé spécial.
D'un geste las, lourd d'amertume, Mohamed Ibrahim Abbas concède la retraite. Echec des palabres. Les troupes américaines qui scellent le siège de Fallouja ne veulent entendre que les ordres de leurs chefs. Les arguments humanitaires ont peu de poids. Pour la quatrième journée consécutive, le convoi affrété par le secrétaire général adjoint du Croissant-Rouge irakien doit rebrousser chemin. Et les médicaments, les anesthésiques, le bloc opératoire, que réclament de toute urgence les médecins de la ville entrée en rébellion, ne passeront pas le blocus imposé par les forces d'occupation. «Les marines ont d'abord interdit l'accès de Fallouja aux organisations non-gouvernementales, qu'ils accusent de transporter des armes cachées dans les chargements d'aide. Nous restons la seule structure caritative habilitée à franchir leurs barrages», souligne Mohamed Abbas. «Nous détenons notre mandat de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge pour agir dans le cadre des catastrophes naturelles ou humaines, explique-t-il. Mais l'armée américaine a exigé que nous déposions des demandes 24 heures à l'avance pour nous autoriser à circuler. Puis elle a argué de la situation sécuritaire pour refouler nos camions.»
Peu amènes. La semaine passée, des postes militaires ont été érigés sur toutes les routes bitumées et même les principaux chemins de terre menant à Fallouja. A défaut d'investir la ville, la coalition en ferme les accès. Retranchés dans de




