Berlin, de notre correspondante.
Symboliquement, le choix de Berlin ne pouvait pas être plus fort. Soixante ans après l'Holocauste, la capitale allemande a accueilli hier l'une des plus importantes conférences sur l'antisémitisme jamais organisées ces dernières années. A l'initiative de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), 600 délégués de cinquante-cinq pays ont fait le déplacement, parmi lesquels Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix, Simone Veil, ancienne ministre et rescapée des camps de concentration, le chef de la diplomatie américaine Colin Powell et le président israélien Moshe Katsav. Pour des raisons de sécurité, tout le quartier entourant le ministère des Affaires étrangères allemand avait été bouclé.
Notant une recrudescence inquiétante des incidents antisémites en 2002, les participants souhaitent trouver les moyens de lutter efficacement. Accusés par Israël et les Etats-Unis de minimiser le phénomène, les pays européens veulent montrer avec cette conférence à quel point ils se sentent concernés. «Personne ne doit fermer les yeux face au racisme et à l'antisémitisme», a déclaré Johannes Rau, le président allemand, tandis que Joschka Fischer, le ministre des Affaires étrangères, a considéré le combat contre l'antisémitisme comme un «engagement pour la démocratie».
Dans son discours d'ouverture, Simone Veil a reconnu que la France vivait un regain d'antisémitisme lié à la confrontation des communautés juives et musulmanes. Toutefois «la Fra




