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Libération

En Irak, un déluge de feu sur Fallouja

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Alors que les familles fuient, le sentiment antiaméricain n'a jamais été aussi fort.

Publié le 29/04/2004 à 0h24

Bagdad, envoyé spécial.

Côté bâton, manié sans états d'âme : les bombardements aériens. Un déluge de feu, toute la nuit, s'est abattu sur le quartier d'Al-Jolan, bastion de la résistance aux abords de la zone industrielle où se sont retranchées les troupes américaines qui assiègent Fallouja. Mosquées, écoles, habitations... sans distinction, chaque bâtiment investi par les moudjahidin subit un intense pilonnage.

Résistance soudée. Au matin, le corps expéditionnaire agite sa carotte, promesse d'une reconstruction rapide de toute propriété ou infrastructure détruite. «Les marines s'apprêtent à permettre le retour des familles dans leurs foyers dès qu'ils auront ramené l'ordre dans la ville, assure leur commandement dans un communiqué. Plusieurs millions de dollars sont déjà disponibles pour des projets de développement à Fallouja.»

Sans la moindre trace d'humour, ces mêmes gradés qui claironnaient crânement leur intention de «nettoyer la ville», lors de son soulèvement il y a plus de trois semaines, jurent désormais ne vouloir conquérir que «les coeurs et les âmes» de ses habitants. Les affrontements sont l'oeuvre «d'éléments venus de l'étranger pour déstabiliser la paix», explique le colonel John Coleman, chef d'état-major de l'opération. L'usage d'une force brutale a soudé les rangs de la résistance quand les pertes infligées aux civils ont rallié la population derrière les combattants. Les services médicaux de la ville font état de 600 morts et 2 000 blessés pour 300 000 habit

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