Montréal de notre correspondante
Le Canada, ses longs et rigoureux hivers, ses immensités glacées et ses longues plages de sable blanc bordant des lagons turquoise... Un effet inattendu du réchauffement climatique ? Plutôt l'aboutissement espéré d'un projet pour le moins exotique : l'annexion par le Canada des Turks et Caicos, un archipel d'une quarantaine d'îles situé à proximité des Bahamas et de Cuba. Défendue par deux députés, relayée par une population en mal de soleil qui signe des pétitions à tour de bras, l'idée est de faire de ce paradis des Caraïbes «la onzième province canadienne». Après tout, justifient les partisans du projet, Ottawa est plus proche de Cockburn Town, la capitale du petit territoire britannique qui a fait partie de la Jamaïque jusqu'en 1962, puis des Bahamas de 1965 à 1973, avant d'être indépendant et de passer sous bannière britannique en 1982 , que de Vancouver !
L'idée d'une association entre le Canada et les îles Turks et Caicos (qu'il s'agisse d'une annexion pure, d'une entente économique ou d'une union politique) n'est pas nouvelle. En 1917, le Premier ministre canadien, Robert Borden, évoquait un possible rapprochement entre ces deux nations du Commonwealth. En 1974, à la demande des insulaires, un député canadien a déposé un amendement en ce sens. En 1986, des représentants des îles sont venus tenter de convaincre le gouvernement de Brian Mulroney de l'intérêt d'une union. En vain. Les deux fois, la proposition de mariage a été rejetée,




