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Libération

Sida en Libye : justice sommaire pour six étrangers

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Infirmières,médecin, ils ont été condamnés à mort pour 380 enfants infectés.

Publié le 07/05/2004 à 0h31

Reporté à plusieurs reprises, le verdict du tribunal de Benghazi était attendu avec anxiété après quatre ans de procès. L'appréhension était justifiée : la justice libyenne a condamné à mort, hier, cinq Bulgares et un Palestinien, détenus depuis cinq ans, et accusés d'avoir infecté volontairement 380 enfants du virus du sida ­ dont 46 seraient morts ­ dans un hôpital pédiatrique de Benghazi en 1997 et 1998.

Les accusés, qui doivent être fusillés, ont aussi été condamnés à verser près d'un million de dollars pour indemniser les familles des victimes qui, à l'issue du procès, ont manifesté leur joie dans cette ville du Nord libyen. Un sixième Bulgare et neuf Libyens jugés dans cette affaire ont été acquittés.

Ce verdict, qui constituait un test pour la Libye au moment où elle cherche à réintégrer la communauté internationale, marque l'épilogue d'une affaire bien réelle, mais très mystérieuse. On ignore en effet comment les enfants, âgés de 6 mois à 18 ans, ont été contaminés : seringues souillées, transfusions avec des lots de sang infectés, trafic de plasma sanguin ou acte criminel ? Face à cette épidémie massive et à la colère des familles, le colonel Kadhafi avait évoqué en 2001... un complot de la CIA ou du Mossad israélien pour faire des expériences sur les conséquences du VIH et saper son régime.

La défense, elle, soutient que les accusés étrangers servent de boucs émissaires pour les défauts de stérilisation dans l'hôpital pédiatrique. Un point de vue partagé par les codéc

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