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Libération

Abou Gharib: amnistie et colère

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Les Américains ont libéré vendredi 315 prisonniers irakiens.

Publié le 15/05/2004 à 0h38

Abou Gharib (Irak) envoyé spécial

A vingt kilomètres de Bagdad, un rempart de béton hérissé de miradors semble surgir du désert. Le pénitencier d'Abou Gharib est un bagne de cauchemar conçu pour liquéfier les boyaux. Le régime de Saddam Hussein y exécutait ses basses oeuvres. Les matons irakiens ont été remplacés par des sentinelles de la police militaire.

Ratissage. Tout suspect raflé à l'occasion d'une opération de ratissage ou lors d'un contrôle de routine passe dans ses cellules un minimum de un mois. Quelque 7 500 «détenus de sécurité» y sont internés sans jugement. Pour faire face aux besoins, douze camps de toile ont été dressés au pied du mur d'enceinte.

L'administration du centre a élargi, vendredi dans la matinée, 315 prisonniers. Le geste se voulait magnanime. Les ex-prisonniers voient dans leur libération une nouvelle preuve de l'arbitraire du système. «Les Américains m'ont arrêté il y a neuf mois, sans me fournir la moindre raison. Ils me libèrent aujourd'hui sans la moindre explication. Je n'ai eu droit à aucun procès, gronde Amar al-Cheikh, vieil homme à la barbe blanche. Où est donc passée cette démocratie au nom de laquelle ils ont fait la guerre à l'Irak ?»

Parmi les prisonniers relâchés comme dans la foule des parents qui attendent des nouvelles de leurs proches, aucun doute : l'amnistie du jour est une opération de charme du gouvernement américain, destinée à ses seuls électeurs dans le cadre de sa campagne présidentielle. «Comme d'habitude, ils ont libéré le

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