Jérusalem de notre correspondant
Ariel Sharon, que toute la classe politique et les médias disaient, ces jours derniers, «fini», «pathétique», a décidé de passer en force. Après les rumeurs sur un plan d'évacuation de Gaza «allégé», et de passes d'armes avec son rival affiché Benyamin Nétanyahou, ministre de l'Economie, opposé à son projet, le Premier ministre a tranché. Il a présenté, hier en Conseil des ministres, son projet originel, avec quelques rectifications mineures. Ainsi cette évacuation des colonies devrait-elle s'opérer désormais en quatre étapes et non d'un seul tenant. La quasi-totalité des maisons et des «bâtiments sensibles», «y compris les synagogues», devraient être détruits au lieu d'être remis aux Palestiniens. Les autres installations, «industrielles, commerciales et agricoles», seraient confiées à un «tiers international», à charge pour lui «d'en faire bénéficier la population palestinienne non impliquée dans le terrorisme».
«Intérêts partisans». Cependant, cette présentation ne sera suivie d'un vote que la semaine prochaine. Car, pour l'heure, 12 ministres (contre 11) s'y opposent. «Il s'agit d'un plan important pour les intérêts de l'Etat et de ses habitants», a affirmé Sharon, appelant les membres du cabinet à faire preuve «d'esprit de responsabilité» et à «oublier leurs intérêts partisans». La cible, en l'occurrence, n'est autre que Benyamin Nétanyahou, qui s'est livré à une leçon de démocratie avec le Premier ministre : «On ne peut pas d'un point de




