Tokyo de notre correspondant
Le second périple en Corée du Nord du Premier ministre, Junichiro Koizumi, n'a pas suffi à faire oublier ce qui est devenu au Japon le «scandale des retraites». Le non-paiement par quelque 110 politiciens japonais, dont 99 députés, de leurs cotisations de retraite a jeté un sérieux froid qui vire à la défiance à la veille d'échéances électorales entre les citoyens et leur classe politique. La chasse aux mauvais payeurs est désormais ouverte au sommet de l'Etat, responsables politiques et hauts fonctionnaires étant priés de donner l'exemple.
Au Japon, les hommes politiques sont censés verser tous les mois des cotisations, bien symboliques au regard de leur fortune personnelle. Combien au total ont «omis» de le faire ? Les cascades de démissions d'hommes politiques démasqués, ces dernières semaines, n'ont pas véritablement calmé la grogne perceptible chez les millions d'actifs de la «classe moyenne» tributaires des prélèvements obligatoires.
«Aucun problème légal». La colère a encore monté d'un cran quand les Japonais, stupéfaits, ont appris que leur Premier ministre avait lui aussi esquivé pendant six ans. Révélée par l'hebdomadaire Shukan Post, l'information a été rendue publique peu après la démission fusible de Yasuo Fukuda, porte-parole du gouvernement et éminence grise de Junichiro Koizumi, qui avait «oublié de cotiser» pendant cinq ans. Mis en cause, le Premier ministre a tenté une sortie habile en expliquant qu'au moment des faits «cotiser




