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Libération

Tiananmen, mémoire occultée

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Publié le 04/06/2004 à 0h55

Pékin, de notre correspondant.

Le rendez-vous avait été pris par téléphone avec une universitaire, pétitionnaire régulière et personnalité critique du pouvoir communiste. La veille du rendez-vous, elle appelle pour annuler : «On m'a interdit de vous voir», dit-elle, sans plus de détails. Elle s'excuse et raccroche.

Restrictions. Ainsi va la vie pour tout Chinois manifestant publiquement un peu d'indépendance d'esprit, à la veille de ce quinzième anniversaire du massacre de Tiananmen. Ecoutes téléphoniques, surveillance rapprochée, astreintes à domicile ou interdiction de tout contact avec la presse : ils sont des dizaines à être ainsi frappés de restrictions qui ne cherchent même pas la discrétion, comme dans le cas de cette interview interdite par les «grandes oreilles» de la sécurité d'Etat. Dean Peng, un économiste ayant bruyamment pris la défense d'une internaute emprisonnée il y a quelques mois, a sept policiers devant sa porte, qui l'empêchent de sortir : lorsqu'il a appelé le bureau du procureur pour porter plainte pour séquestration, on lui a dit qu'il fallait qu'il vienne en personne déposer sa requête... Ces grands moyens sécuritaires pourraient faire croire à un régime aux abois, à une veille d'insurrection ou à une opposition très structurée... La réalité est, au contraire, celle d'un pouvoir bien assis, avec une économie en plein essor, devenue la première destination des investissements étrangers au monde. Pas de quoi frémir, a priori, lorsqu'une intellectuelle s

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