Bogota, de notre correspondant.
D'après les premiers témoignages, le jour s'était à peine levé sur La Gabarra, mardi matin, quand des hommes armés ont fait irruption dans une ferme isolée. Là, dans ce secteur de jungle de l'Est colombien, «ils nous ont jetés au sol, face contre terre, et ils ont commencé à tirer», a raconté un survivant à une radio locale. Au moins 34 paysans auraient ainsi été massacrés par la bande, identifiée comme appartenant aux milices marxisantes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, 17 500 membres).
Journaliers. Le seul tort des victimes : travailler dans une zone dominée par les ennemis jurés des Farc, les paramilitaires d'extrême droite des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, 10 000 à 15 000 combattants). Les employés s'étaient installés dans le secteur, à trois heures en barque de la première localité, pour participer aux récoltes de feuilles de coca, base de la cocaïne, dont le trafic est contrôlé à cet endroit par les AUC. En massacrant les journaliers, les Farc, qui se financent de la même façon, auraient cherché à dissuader d'autres travailleurs de récolter pour le compte de leurs ennemis. «Ils ont donné cinq minutes aux femmes et aux autres hommes pour partir raconter ce qu'ils avaient vu», rapporte le survivant.
Lutte sanglante. Le contrôle de la région, où seraient plantés jusqu'à 20 000 hectares de coca, fait l'objet d'une lutte sanglante depuis des années. L'arrivée des AUC à La Gabarra, en 1999, avait déjà été marquée par l




