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Libération

A Kaboul, les cachots clandestins de la CIA

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Des détenus y sont retenus sans statut légal depuis 2002.

Publié le 19/06/2004 à 1h07

Kaboul, correspondance.

Les 4x4 aux vitres fumées, sans plaque d'immatriculation, arrivent tous phares éteints. Un Américain en sort, vêtu à l'afghane, longue barbe mal taillée, solidement armé. Il fait ouvrir le portail du camp du NDS, le principal service de renseignement afghan, situé à deux pas de l'aéroport de Kaboul. Il est 11 heures du soir, les rues sont désertes. Les militaires afghans referment vivement les portes d'un des cinq centres de détention clandestins de la CIA à Kaboul.

Violation. Derrière le long mur défoncé, des cachots secrets abritent des dizaines de détenus afghans et étrangers. La plupart sont là depuis 2002 sans aucun statut légal. Ils n'ont pas d'existence juridique et sont incarcérés en violation de toutes les conventions internationales. Issus du mouvement taliban ou des réseaux Al-Qaeda, ils détiendraient des informations sur de hauts responsables comme Ben Laden ou le mollah Omar. Selon le NDS, certains seraient liés à l'assassinat du journaliste américain Daniel Pearl. Les étrangers sont originaires du Proche et du Moyen-Orient, ainsi que du Maghreb. Des Pakistanais y sont parfois emprisonnés provisoirement. Ils sont tenus à la disposition de la CIA, qui procède à des interrogatoires sur place. Les détenus changent régulièrement de lieu et rejoignent notamment l'un des anciens centres d'interrogatoire du KGB, dont les sous-sols abritent encore des cachots de sinistre réputation. «Aucun prisonnier ne peut s'en échapper», témoigne un ancien déten

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