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Libération

Bush tente de désamorcer le scandale des tortures en Irak

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Publié le 24/06/2004 à 1h10

Washington, de notre correspondant.

«Je n'ai jamais ordonné la torture, je n'ordonnerai jamais la torture», a déclaré mardi George W. Bush. Pour le prouver, l'administration américaine a rendu publique une masse de documents, jusque-là classés, relatifs aux techniques d'interrogatoire. Ainsi, on apprend qu'il est possible à Guantanamo de «crier» sur un détenu, mais «pas dans son oreille», de le priver de lumière... Loin de calmer la polémique, cet effort de transparence n'a fait que soulever de nouvelles questions. Une directive présidentielle datée de 2002 ordonne ainsi de traiter «humainement» les prisonniers arrêtés en Afghanistan, qui ne sont pas protégés par la convention de Genève (1). Le problème, c'est que cette directive n'a pas vraiment été respectée.

Sécurité. Malgré l'existence de ce texte, le département de la Justice a rédigé, en août 2002, un mémo estimant que la torture «pouvait être justifiée» lorsque la sécurité des Etats-Unis était en jeu. Ce document définit de façon très restrictive la torture : ce sont des actions «causant des souffrances équivalentes en intensité à celles que donnent des blessures physiques sérieuses, comme l'arrêt d'un organe, la détérioration d'une fonction corporelle, ou même la mort». La Maison Blanche affirme qu'elle n'a jamais approuvé ce document, et même le département de la Justice le renie.

Plus d'un an après le 11 septembre, le secrétaire à la Défense a lui aussi encouragé des traitements qui n'ont rien de très «humains». En no

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