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Le Canada désenchanté tenté par les conservateurs

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Les élections législatives d'aujourd'hui pourraient sanctionner le Parti libéral, au pouvoir depuis onze ans.

Publié le 28/06/2004 à 1h13

Montréal de notre correspondante

Il veut renoncer au protocole de Kyoto et renforcer les liens du Canada avec les Etats-Unis. Augmenter les dépenses militaires et supprimer l'enregistrement des armes à feu. Durcir le système de justice pénale. Promouvoir la définition traditionnelle du mariage. Et pourtant. Dans un pays connu pour ses positions progressistes, le conservateur Stephen Harper pourrait ce soir être élu Premier ministre, chassant les libéraux au pouvoir depuis onze ans. Les derniers sondages donnent les deux formations au coude à coude ­ aucune ne serait toutefois en mesure de former un gouvernement majoritaire. Pour la première fois depuis longtemps, une réelle alternative s'offre aux Canadiens. Face au Parti libéral (PL), jusque-là en situation de quasi-monopole, le Parti conservateur (PC), après six mois d'existence et cinq semaines d'une campagne intelligemment menée, séduit bien au-delà de son électorat traditionnel.

Droite unie. A sa tête : Stephen Harper. Cet ancien assistant parlementaire de 45 ans, flegmatique et plutôt terne, est l'habile artisan de l'union de la droite. Elu chef de l'Alliance canadienne en 2002, il a rétabli l'unité de son parti avant de fusionner avec le Parti progressiste-conservateur en décembre 2003. Cet homme de l'Ouest (il est né à Toronto mais est député de Calgary) aux allures sages cultive l'image d'un homme modéré. Apôtre du conservatisme fiscal et social, il a fait des allégements fiscaux et des investissements en santé (la pr

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