Hongkong, envoyé spécial.
Les organisateurs de la manifestation redoutaient une désaffection en raison de la chaleur, de l'absence de revendication précise, ou du découragement qui aurait pu suivre le refus de Pékin de leur accorder le suffrage universel. Les dirigeants chinois pouvaient, eux, espérer une moindre participation du fait du ton plus modéré adopté vis-à-vis des démocrates de Hongkong et d'une amélioration de l'économie du territoire.
Défense des libertés. Le succès de la manifestation d'hier aura rassuré les premiers, et surtout inquiété Pékin, confronté à une revendication démocratique forte et persistante à l'intérieur même de l'«empire». Les Hongkongais, que l'on disait seulement soucieux de business, ont montré que la défense des libertés faisait également partie de leurs valeurs. A tel point que ce rendez-vous désormais annuel a pris l'allure d'une démarche identitaire permettant de se distinguer de la «mère patrie» et de son système politique autoritaire.
Ce mouvement est parti d'une erreur de calcul du gouvernement hongkongais, qui, en voulant faire passer l'an dernier une loi sécuritaire, a mis le feu aux poudres. La mobilisation d'une société civile organisée a débouché sur le rassemblement, que nul n'avait prévu, de 500 000 personnes le 1er juillet 2003, contraignant le pouvoir à annuler son projet et sacrifier quelques têtes.
Ce faisant, la balle démocratique était lancée, et les Hongkongais, qui n'ont jamais bénéficié du suffrage universel intégral, même




