Menu
Libération

Les Indonésiens à nouveau tentés par l'uniforme

Réservé aux abonnés

Deux généraux s'affrontent pour la première présidentielle directe. Susilo Bambang Yudhoyono est donné favori face à Wiranto, ex-aide de camp de Suharto.

Publié le 05/07/2004 à 1h19

Djakarta envoyé spécial

Six ans après la chute du régime autocratique du général Suharto, la probabilité est forte pour qu'un autre ex-général prenne la direction de la troisième démocratie du monde au terme de la première élection présidentielle directe du 5 juillet. Parmi les cinq candidats, deux, particulièrement bien placés, sont des militaires en retraite active : le général Wiranto, ancien aide de camp de Suharto, et son collègue Susilo Bambang Yudhoyono, ou «SBY», donné comme favori du scrutin par les sondages. Est-ce un retour du militarisme en politique ? Plusieurs spécialistes de l'armée indonésienne mettent en garde contre une approche par trop occidentale de cette question complexe. Lors d'une enquête récente, 47 % des personnes interrogées ont indiqué qu'elles étaient prêtes à soutenir un militaire d'active comme Président. «Cela montre combien la démocratie indonésienne est fragile. L'ambition politique des militaires est enracinée dans la société. Beaucoup d'Indonésiens associent l'image d'un leader fort aux militaires, car cela a été leur expérience pendant des décennies», estime Salim Said, auteur de plusieurs études sur l'armée.

Vide politique. Pendant les trente-deux ans de l'ère Suharto, l'ancien dictateur avait créé un vide en supprimant toute possibilité pour un civil de bâtir une carrière politique ; la majorité des postes de direction, qu'il s'agisse des ministères, des postes de gouverneur ou même des ambassades, étaient réservés aux militaires. Quand

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique