Bogota de notre correspondant
Des enquêteurs cubains ont mis fin à la cavale d'un des narcotrafiquants les plus recherchés au monde : Hernando Gomez, capturé vendredi à La Havane. Surnommé «Rasguño» («égratignure») à cause d'une balafre infligée par une arme à feu, le fugitif était entré dans l'île avec un faux passeport mexicain. Ils ont retrouvé sa photo sur la liste des douze trafiquants colombiens les plus réclamés par les Etats-Unis. Washington, qui doit formaliser une demande d'extradition, offrait 5 millions de dollars pour capturer cet ex-policier, devenu un des derniers grands barons de la cocaïne.
Entré discrètement dans le négoce alors que les autorités s'acharnaient contre les cartels de Medellin et de Cali, entre 1990 et 1995, celui qui se présentait, il y a quinze ans, comme simple employé de station-service s'était transformé en l'un des chefs des organisations de Norte del Valle, dans l'ouest de la Colombie. Avec deux autres grands parrains, il aurait contrôlé jusqu'au tiers des 500 tonnes de cocaïne produites annuellement dans le pays andin.
Mais depuis l'an dernier le climat était devenu malsain pour Rasguño. Ses tentatives avortées de rapprochement avec la justice américaine, pour négocier sa reddition, ont éveillé les soupçons de ses concurrents, qui se sont alors lancés dans une guerre sanglante contre lui. Malgré une alliance avec «Don Diego», narco le plus recherché du pays, Rasguño a vu ses réseaux s'affaiblir, et ses propriétés confisquées par la police




