Bagdad, envoyé spécial.
Attentats, escarmouches, enlèvements : l'Irak a vécu hier une nouvelle journée de violence. Deux explosions ont secoué Bagdad. Une mine, cachée dans une ruelle de traverse, a détonné au passage d'une patrouille américaine sur l'avenue Palestine, l'une des principales artères. Protégés par leur blindage, les soldats ont pris la fuite sains et saufs. Deux fillettes de 9 et 11 ans, qui passaient à bord d'un minibus n'ont pas eu cette chance. Leurs corps reposent à l'institut de médecine légale.
Quelques minutes plus tôt, un jeune garçon était tué par une bombe, face à la mosquée sunnite Abou Hanifa. «Un engin de fabrication artisanale avait été caché dans un tas de détritus, sur le bord de la chaussée, raconte un policier. La charge a été déclenchée par un enfant à la recherche de déchets à revendre.» A leur arrivée sur les lieux du drame, les militaires américains et les membres de la garde nationale irakienne ont été pris à partie par les habitants de ce quartier, acquis à la résistance. Deux incidents symptomatiques de la nouvelle crise sécuritaire.
Une douzaine de voitures piégées ont explosé ces huit derniers jours, frappant toutes les villes irakiennes. Cibles principales de cette nouvelle vague d'attentats, les ministres, les hauts fonctionnaires, les forces de sécurité, soit l'armature de l'appareil d'Etat formé par la coalition. A Bagdad, de nombreux chefs de service ont abandonné la fonction publique après avoir reçu des menaces de mort pour «coll




