Boston, envoyés spéciaux.
Acceptant officiellement sa désignation comme candidat à la Maison Blanche, jeudi soir à Boston, devant des milliers de délégués démocrates, John Kerry a livré une attaque surprise contre les positions considérées comme les plus fortes de George W. Bush : le patriotisme, la morale, les valeurs familiales, la fermeté contre le terrorisme. Kerry s'est présenté comme un homme plus intègre et plus crédible, un capitaine bien plus capable de diriger l'Amérique en ces temps troublés.
Griffes. Tout en invitant Bush à mener une campagne où ils ne seraient pas «seulement adversaires», Kerry l'a accusé d'avoir menti aux Américains sur la guerre en Irak, de jouer sur la peur et même de dévoyer la Constitution des Etats-Unis... «Je serai un commandant en chef qui ne nous lancera jamais à tort dans une guerre. J'aurai un vice-président qui ne conduira pas de réunion secrète avec des pollueurs pour réécrire les lois sur l'environnement. J'aurai un ministre de la Défense qui écoutera les conseils avisés des responsables militaires. Et je nommerai un Attorney General qui défendra, lui, la Constitution des Etats-Unis !» a-t-il lancé sous les applaudissements.
Pendant cinquante-cinq minutes, Kerry a multiplié les coups de griffes, évoquant le scandale Enron (le groupe texan, présidé par un ami de Bush, qui s'est effondré dans des circonstances frauduleuses), les liens de Bush avec l'Arabie Saoudite («Je veux une Amérique qui s'appuie sur sa propre inventivité et son inn




