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Libération

A Najaf, l'armée du Mehdi résiste à l'étau américain

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Publié le 09/08/2004 à 1h42

Najaf, envoyé spécial.

Enjeu de la bataille, le dôme doré du mausolée de l'imam Ali rutile sous le soleil de plomb. Interrompant sa course, un milicien chiite scrute l'édifice à la jumelle. «Le minaret a été touché à deux endroits, proclame-t-il, gorge serrée, on peut voir des traces d'éclats sur la coupole.» Les traits de ses compagnons d'armes se crispent douloureusement à l'annonce d'un tel sacrilège. La petite troupe presse le pas, comme cravachée par la nouvelle, impatiente de prêter main-forte aux volontaires de l'armée du Mehdi qui défendent, depuis quatre jours, la mosquée la plus sacrée des chiites, au centre de Najaf. «Jamais nous ne laisserons les Américains profaner nos lieux saints, prévient le chef du groupe, nous rêvons tous de tomber en martyr pour les protéger de la profanation.» L'écho de tirs monte au loin, rafales sporadiques et désordonnées. Après la brutale flambée de violence, jeudi, vendredi et samedi, la ville assiégée a connu, hier, une relative accalmie. De rares civils se risquent à nouveau dans les rues. Cherchant à fuir vers des quartiers plus sûrs, ils empruntent les chemins de traverse qu'utilisent les miliciens.

Verrouillé. L'étau américain sur la ville sainte reste ferme. Eau, téléphone et électricité sont coupés. Des chars, à chaque carrefour, interdisent tout passage, tenant les larges avenues sous la menace de leurs canons. Une noria d'hélicoptères, au nord, fouille le cimetière, bastion de l'armée du Mehdi. A l'ouest, les routes contournan

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