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Libération

Bouteflika verrouille sa présidence

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Avant sa venue en France, le chef de l'Etat algérien a poursuivi le remaniement de l'armée.

Publié le 14/08/2004 à 1h46

C'était dans une autre vie. En 1999. Le 11 septembre n'était pas passé par là, légitimant des régimes autoritaires, de préférence pétroliers et habiles à se présenter comme précurseurs de la lutte antiterroriste. Abdelaziz Bouteflika, exaspéré de ne pouvoir s'émanciper d'une armée qui l'avait imposé au pouvoir, lançait : «Je ne suis pas un trois-quarts de Président !» Cinq ans plus tard, la polémique d'arrière-garde, véritable insulte à l'Histoire, lancée par quarante députés de l'UMP contre la participation d'un président algérien au 60e anniversaire du débarquement de Provence, n'y change rien. C'est un Abdelaziz Bouteflika triomphant qui sera ce week-end à Toulon aux côtés de Jacques Chirac et de seize chefs d'Etat.

Quatre mois après sa réélection, en avril dernier, il peut se targuer d'être aujourd'hui le chef à part entière. Ce n'était pas acquis dans un pays où, comme fait mine de le découvrir l'Expression, le quotidien algérien qui exprime au plus près ses vues, l'armée a «fait et défait les Présidents depuis 1962, exercé un pouvoir absolu (...) à la périphérie duquel s'articulaient les hommes politiques en prenant garde de ne pas outrepasser les lignes rouges tracées par un état-major (...) qui a écrasé toute une lignée de jeunes colonels moins politisés et plus "techniques"».

Apparences. Imprimer sa marque à l'institution militaire aura donc été le premier objectif d'un chef de l'Etat peu soucieux d'afficher une réélection très nord-coréenne ­ 85 % des suffrages ­ mai

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