Pékin de notre correspondant
La machine à rumeurs pékinoise fonctionne à plein rendement. Quand un officiel vous annonce, sur le ton de la confidence, que l'ancien président Jiang Zemin, toujours «patron» de la défense nationale, souffre d'un cancer de la gorge, il ne faut pas être un grand expert pour conclure que les couteaux sont sortis entre les clans au sein du Parti communiste chinois (PCC). Dans un pays où la santé des dirigeants relève du secret d'Etat, ce genre de «fuite» n'est jamais désintéressé...
Chef de l'armée. A la veille du plénum du Comité central du PCC, qui s'ouvre aujourd'hui à Pékin, la rivalité entre l'actuel secrétaire général, Hu Jintao, et son prédécesseur, Jiang Zemin, a ressurgi : deux ans après la passation de pouvoir en apparence tranquille, cette question pèse lourdement sur le climat politique. L'enjeu est simple : Jiang, 78 ans, va-t-il s'accrocher encore longtemps à son poste de président de la Commission militaire centrale, c'est-à-dire chef de facto de l'armée, ou va-t-il céder cette dernière parcelle de pouvoir ? Le New York Times a cru pouvoir annoncer sa démission, la semaine dernière, sur la base de «confidences», tout en soulignant qu'il pourrait bien s'agir d'une manoeuvre.
Depuis des mois, les escarmouches ont été nombreuses entre les deux clans, dans une partie qui se joue dans l'ignorance absolue du 1,3 milliard de Chinois. Cet été, beaucoup ont observé que les enfants du patriarche disparu Deng Xiaoping sont souvent intervenus à la




